12 septembre 2015

Arrivée à SANTO



Il est déjà l'heure pour nous de quitter TANNA. Je suis ravie d'avoir pu passer ces quelques jours dans cette île paradisiaque. Encore une fois, je remercie Gaëlle, car c'est elle qui a trouvé cette super cabane dans les arbres. On laisse dernière nous Daniel et sa femme Jella, leur sourire, leur hospitalité, leur soucis de nous savoir bien chez eux. On laisse aussi Marc, qui du haut de ses 19 ans, vit à des années lumières des préoccupations des jeunes de son âge en métropole ou en Calédonie. Par manque d'argent (280 euros), il a laissé passer sa chance de faire des études. Il est de retour au village et travaille comme guide pour aider la famille. Il n'a ni télé, ni internet, ni vêtement de marque. C'est tout juste s'il a un pull ! Il vit sans électricité …. Et pourtant, il a en lui beaucoup de sagesse et de maturité. Il connaît la vie, sait s'occuper d'un champs, construire une maison avec simplement des bambous et des feuilles de palmier.  Au delà de Marc, c'est moi, mon mode de vie, mon fonctionnement que je remets en perspective après ce passage à TANNA. Il y a des moments dans la vie où on remet les pendules à l'heure et on fait les comptes. C'est souvent dans mon cas, une piqûre de rappel sur la chance que j'ai d'avoir fait des études, de faire un métier qui me plaît, d'avoir une maison, une voiture... C'est aussi dans ces moments là que je relativise mes propres ennuis, mes contrariétés qui face aux gens de TANNA et à leur quotidien, me paraissent si futiles et dérisoires..... Bref, en plus d'avoir fait de belles rencontres et d'avoir vu des belles choses j'ai également pris à TANNA une belle leçon de vie !!

Je m'arrête ici pour ce qui est de TANNA, l'objet de cet article à la base étant de vous parler de notre arrivée à SANTO. En effet, après une journée de transit où vols et attentes dans les aéroports se succèdent, nous arrivons enfin à SANTO, la dernière île de nos vacances.


SANTO avec sa capitale Luganville, est la deuxième île la plus touristique du VANUATU. Par « touristique », une fois encore on est loin des standards occidentaux, en tout cas pour ce qui est de Luganville. La ville se résume à une artère principale. Cette fois-ci la route est goudronnée mais les trottoirs cabossés donnent un effet abîmé à la ville. Pas de grandes enseignes mais beaucoup de boutiques asiatiques. Certaines vitrines sont encombrées, vieillottes voire poussiéreuses. Comme à Port-Vila le marché semble être le cœur de la ville, là où toute l'activité humaine des environs se concentre de 6h du matin jusqu'à l'heure du midi.







Lorsqu'on quitte Luganville, le plus souvent dans la benne d'un pick-up (transport commun de l'île), les habitations se font rares et laissent place à d'immenses cocoterais. Ici beaucoup de gens vivent grâce à l'exploitation du coprah ou travaillent dans les fermes à bétail. Le bœuf de SANTO est d'ailleurs réputé pour ses qualités gustatives.



Durant le reste des vacances, nous séjournons dans un petit coin de paradis, plus précisément à Matevulu. C'est un village à une vingtaine de minutes de la capitale.  Perdu en pleine nature, la vue depuis les bungalows donnent sur une baie où plusieurs îlots semblent échoués là, impassibles devant le temps qui passe et l'assaut des marées. 







Pour nous accueillir, le gardien Douglas, sa femme Madeleine et leurs filles Christina et Christiane, des jumelles de 6 ans. Au VANUATU l'école est payante. Douglas et Madeleine, ayant deux aînés avant les jumelles, n'ont pour l'instant pas assez d'argent pour envoyer ces petites princesses à l'école. Elles passent donc tout leur temps avec leurs parents et à défaut de savoir lire et écrire, apprennent l'école de la vie....




Nous sommes les bienvenues et c'est avec milles attentions et autant de sourires que la petite famille nous reçoit. Pendant les neuf jours que nous avons passé là-bas, beaucoup de pluie et de nuage, mais qu'importe, le cadre est idyllique et les activités ne manquent pas. A plusieurs reprises, on aura l'occasion de faire du kayak, du paddle ou encore de faire un tour avec Douglas dans la pirogue qu'il s'est fait lui même. Le bois utilisé est appelé sur l'île le « blue water », car il a l'étrange capacité de transformer l'eau de mer en substance d'un bleu turquoise hallucinant !!




Quasiment tous les jours également, les garçons iront à la chasse. Si les fonds sous marins ne sont pas si jolis qu'en Calédonie, ils trouveront quand même de quoi se satisfaire.







4 septembre 2015

Quelques pas de danses.....



Un nouveau jour se lève sur TANNA. Dans nos cabanes haut perchées, on assiste au lever du soleil avec en arrière plan, Yasur qui lui ne dort jamais.




Aujourd'hui et à notre demande, Marc nous emmène dans un village où on peut à assister à des danses traditionnelles. Il s'agit du village d'Imayo et Gaëlle et moi sommes toutes excitées à l'idée de voir enfin à quoi ressemble ces fameuses danses dont on entend parler depuis qu'on prépare notre voyage au VANUATU.

Sauf que voilà, une fois arrivé au village, tout ne se passe pas comme on l'avait imaginé. En effet, on se rend rapidement compte que tout le monde nous attend. Les danses n'ont donc rien de naturel ou d'improvisé, mais se font en fonction « de la demande ». Il pleut et des petits en costumes traditionnel (jupe en feuille de palmier) attendent qu'on s'installe en frissonnant. On nous dirige vers ce qui semble être la place du village et on nous prit de nous asseoir pendant que les danseurs finissent de se préparer. Nous sommes tous les quatre gênés et très mal à l'aise. Aucun de nous ne sait comment réagir. Tout ce que nous ne supportons pas, c'est à dire être mit à la place du "touriste blanc" à qui ont satisfait tous les caprices, au risque que plus rien ne soit réellement naturel ou spontané...

Peut être parce qu'il sent notre malaise, Marc nous rassure et nous explique que la veille le village n'a dansé que pour une seule personne, mais qu'ils étaient contents de le faire car cela leur permet de gagner un peu d'argent pour acheter des produits d'hygiène ou des couches pour les bébés. Pas forcément réconfortée par ses propos, je regarde les enfants qui attendent patiemment sous leurs arbres en nous dévisageant à la fois avec méfiance et curiosité.


Les danseuses arrivent sur la place. Leur ambassadrice, celle qui parle français, nous souhaite la bienvenue et nous explique qu'il y aura plusieurs danses. Elle nous invite à prendre des photos et pour la dernière danse, insiste pour que Gaëlle et moi les rejoignions.








A la fin du « spectacle », on nous montre comment allumer un feu ou encore comment porter des gens avec un brancard fait en feuille. Pendant ce temps, le chef du village nous regarde de loin, impassible attendant que l'on paye notre dû. 



A la fin de la matinée, on repart d'Imayo et je ne sais trop quoi penser de tout ça. Le sentiment de malaise que j'ai eu en voyant ces enfants sous la pluie ne me quitte pas. Dans le même temps, je repense aux propos de Marc et je sais que l'argent qu'on a donné aidera vraiment le village. Il est vrai que les gens au VANUATU et à TANNA plus qu'ailleurs vivent dans l'extrême pauvreté. Les danses que proposent les gens d'Imayo aux touristes sont un moyen comme un autre de gagner de l'argent et assurer les besoins du village que la culture du champs, la chasse ou encore la pêche ne peuvent combler. N'empêche, j'espère ne pas me retrouver dans ce genre de situation de si tôt....




29 août 2015

A la rencontre de Yasur




Après avoir prit possession de nos cabanes haut perchées, nous n'avons qu'une envie : aller voir de plus près ce volcan qui gronde et fume à quelques kilomètres de nous. En fin d'après-midi, Marc, notre guide vient nous chercher. C'est l'heure !!!!


Nous voilà donc parti, toujours à bord du même pick-up ( A noter qu'à Isaka comme dans la plupart des villages de TANNA les gens ne travaillent pas mais vivent essentiellement grâce à la culture des champs, la pêche et la chasse. Acheter une voiture est tout simplement impossible car beaucoup trop cher pour les familles. Le pick-up que nous prenons est l'unique véhicule du village et sert donc aux 200 personnes qui y habitent pour leurs courses et différents déplacements en ville. Pour l'anecdote, lorsque l'heure de retourner à l'aéroport est arrivée, nous étions 18 personnes dans le pick-up!).



Revenons à Yasur. C'est un volcan de 361 mètres de haut mais surtout, cela fait presque 800 ans qu'il est en éruption continue!!!!
Après avoir payé une sorte de droit de passage aux tribus,qui vivent aussi grâce aux touristes qui viennent voir ce volcan en activité,  nous voilà à ses pieds. Le paysage lunaire qui s'étend devant nous, nous donne l'impression d'être dans une autre dimension. C'est un véritable désert de sable noir, immense et silencieux. Déjà, on s'en sent petit, et ce n'est qu'un début. 







Yasur par un grondement, se rappelle à nous. C'est là haut que ça se passe. On se suit à la file indienne, tous derrière Marc, imperturbable et surtout habitué à ce spectacle qui est en fait son quotidien. En quelques minutes, nous voilà au bord du volcan.





 Dans le précipite en contre bas, trois cratères qui crachent sans relâche de la lave rouge incandescente, le tout dans un vacarme assourdissant. Les vapeurs de souffre remontent jusqu'à nous et nous brûle les yeux et la gorge. J'ai l'impression de respirer du concentré de vinaigre blanc.  Derrière nous, il y a la mer dans laquelle Yasur semble se jeter comme s'il cherchait de quoi rafraîchir son cœur en perpétuel ébullition.








J'ai à peine le temps de comprendre ce qui arrive qu'une détonation résonne si fort que la terre sous mes pieds en tremble. Un des cratères vient de cracher de la lave et des pierres atterrissent tout près de nos pieds. A la fois grandiose et terrifiant !!!!


On a tout juste le temps de faire le tour du volcan avant que la nuit ne tombe et révèle les couleurs flamboyantes de la lave en fusion. Encore quelques minutes de ce spectacle époustouflant où la nature reprend ses droits et où l'on se sent à la fois terriblement petit et monstrueusement vivant.




On repart dans l’obscurité la plus totale, pendant que Yasur continue sa complainte assourdissante,  des étoiles pleins les yeux et des rêves pleins la tête.