12 juin 2015

Direction l'Est, THIO nous voilà!!!




Ce week-end, le soleil est là et les copains aussi, dont certains pour la dernière fois. Alors pour marquer le coup et en profiter tous ensemble, direction la côté Est. C'est sur THIO que l'on jette notre dévolu. La côté Est et THIO plus particulièrement donnent la sensation d'être dans un monde à part, où le temps s'est arrêté et n'a pas de prise sur les gens qui y vivent. La nature est luxuriante, l'endroit sauvage et imprévisible. La mine et sa terre rouge côtoie la montagne qui se jette directement dans un lagon au couleurs azurs....


            



                                


Après presque deux heures de route tout d'abord en traverse de la chaîne puis sur le bord de mer, on arrive enfin au camping aux allures de bout du monde. Nous voilà à l'entrée de la côte oubliée. Ce bout de la côte Est descend jusqu'au Sud de la Calédonie et ne peut se visiter qu'à pied ou le plus souvent en canoë (une idée de prochain week-end à faire en perspective). En attendant, on installe les tentes et autres hamacs pour être raccord avec le thème du week-end : « profiter ».


        


Dans ce camping au décor idyllique, tout le nécessaire y est : Cocotiers, papayer et surtout plage de sable noire et vue imprenable sur le lagon. Le dépaysement est total, la détente immédiate et le plaisir assuré. Au programme sieste, discutions entre amis au coin du feu, et baignade. Faute d'avoir un bateau, on se met à la pêche depuis le bord et là c'est chacun sa technique... Petits poissons mais surtout grosses langoustes étaient au rendez-vous !



             




 

 
                                

                                   

 

                           

                      


C'est ce genre de week-end en toute simplicité qui permet de recharger les batteries et se dire qu'il ne faut parfois pas grand chose pour être bien....






15 mai 2015

Quelques mots et expressions du Cailloux....





Comme dans tous les pays où l'on voyage, la Calédonie a ses richesses culturelles, culinaires, géographiques mais également linguistiques ! Alors oui la langue et l'administration sont françaises. Toutefois, il bon de savoir qu'on ne parle pas tout à fait ici comme en métropole. Petit tour des expressions les plus courantes sur le cailloux....

"Il est bon ?"
A dire en guise de bienvenue. Pourrait se traduire par "bonjour, ça va?"

« Ahoua » ou « awa »
Linguistiquement parlant « Ahoua » veut dire « ah non ». Aujourd'hui  on l'utilise surtout pour marquer l'étonnement. Pourrait se traduire par « non pas possible, tu déconne, je ne te crois pas, vraiment ? T'es sûr ? »
Exemple : Si Dou vous dit « Tu es en retard, ça fait une heure que je t'attends !! », vous pouvez lui répondre « Ahoua, désolé....  ».

« Ahou » ou « awou »
Cette expression vient illustrer l'admiration ou encore la compassion.
Exemple : « Ahou elles sont belles des mangues » ou encore « Awou chérie laisse je vais faire le ménage, tu as l'air fatiguée » (beaucoup plus rarement utiliser en ce sens).

« Barrer »
 Je vous arrête de suite, non les calédoniens ne rayent pas tout ce qu'ils trouvent et non ce ne sont pas des fétichistes des barrières. Ici le mot « barrer » veut dire partir.
Exemple : « Avant j'étais à NOUMEA mais j'ai barré en brousse pour être au calme ».

« L'enculé » 
Non non non, je ne deviens pas vulgaire, rassurez vous. Ici « l'enculé » est très certainement le mot le plus dit du pays. Il est utilisé affectueusement ou en guise de ponctuation. Parfois, sans que vous ayez été mise au courant, un concours se fait pendant la discussion. Le but du jeu ?  Dire le plus de fois possible « l'enculé » dans un nombre restreint de phrases.
Exemple : « L'enculé, j'ai été voir son nouveau bateau. Bah l'enculé il est propre, tu verrais ça l'enculé » et l'autre de répondre « non mais attend l'enculé, je l'ai vu, même que je lui ai dit, l'enculé, il est beau ton bateau! ».

« L'ôngin »
S'écrit en réalité « l'engin ». A utiliser comme superlatif pour parler de quelque chose d’impressionnant. 
Exemple : « l'ôngin il est beau ton bateau ! ».

« Valab' » ou « Choc » ou « Net »
Ces différents mots se disent de quelque chose de bien, de bon, ou d'agréable.
Exemple : « La calédonie c'est Choc ! » 

« Fin »
S'utilise régulièrement et pourrait se traduire par « super », « carrément », « vraiment ».
Exemple : « c'est fin valab' ton carry de poisson ».

« Un coup de... »
Ici on ne fait pas simplement quelque chose, à chaque fois, on en fait un coup.
Exemple : « Je vais faire un coup de chasse au Cerf ce soir " (au passage, attention à bien prononcer le « f » de cerf ) ou encore « j'ai fait un coup de fête hier, j'étais fin saoul ».

« Casse pas la tête »
En bref, pas de stress, il faut rester tranquille
Exemple : « Mais casse pas la tête chérie, je la ferai demain la vaisselle ».

« Hé » et « Tcha »
Le « » s'utilise pour marquer la surprise. Il est court et concis et vient de la gorge, comme-ci on venait de vous couper la parole. Quant au « Tcha », il est plus long et vient du ventre. Il signifie l'énervement, l'agacement.
Exemple : Quand vous oubliez que votre chalet marche aux panneaux solaires et qu'à cause de vous le soir, il n'y a plus de lumière parce que les batteries sont vides. Dans ce cas, Dou peut avoir tout d'abord un « » de surprise en se retrouvant dans le noir, qui sera suivi par un « tcha » de très fort agacement quand il comprendra que c'est à cause de vous s'il va devoir finir sa douche dans le noir.
(Dans ce cas, vous pouvez toujours murmurer un « awoua, je ferai mieux de barrer ailleurs moi ce soir » qui sera de circonstance).

« Bourrer » 
Vous l'entendrez régulièrement, surtout en brousse. « Bourrer » ou « se faire bourrer » signifie plus particulièrement se faire avoir. C'est également dans certains cas une insulte affectueuse qui vous signifie simplement d'aller vous faire voir !
Exemple : Au cours d'une discussion entre Dou et ses copains : « Mais bourre-le ! »

« Taper la pine »
Dans la même idée. Se dit généralement de quelqu'un qui ne fait rien.
Exemple : « Dou maintenant tu arrête de taper la pine et tu viens la faire cette vaisselle ! »
Dans la même idée on a aussi « la pine » ou encore « tête de pine ».

« Pinailler »
Se dit quand quelqu'un râle, est à la traîne, n'est visiblement pas motivé ou hésite !
Exemple : quand le réveil sonne à 5h du mat ' pour aller plonger et que vous traînez un peu, Dou peut vous dire : « Arrête de pinailler et monte dans la voiture maintenant ! ».

« Yossi »
Se traduit par « zut », « merde », marque également la surprise, l'énervement ou la fatigue.
Exemple : « Yossi pourquoi t'as mis le réveil si tôt ? Je suis sûre que les poissons dorment encore à cette heure là ! ».

« Tata » ou « tal' toul »
Enfin, vous ne pourrez pas partir d'un endroit sans dire « tata » qui n'est ni plus ni moins que le « au revoir » d'ici. 
A noter que « Tal'toul' », se dit généralement quand vous avez l'idée de revenir prochainement.

J'espère que vous avez bien tout retenu car ces mots vous aiderons beaucoup quand vous débarquerez sur le cailloux. 

Si jamais vu voulez vous exercer voici une petite parodie 100% discours local.




Plus sérieusement, la richesse linguistique de la Calédonie ne s'arrête évidemment pas là. Il est par exemple, important de savoir qu'il y a différentes langues kanaks sur le territoire. Il y a par exemple le drehu, le nengone, le fwâi, le nemi ou enocre le Xârâguré. Ces langues sont surtout parlées en tribu et les élèves ici continuent à les apprendre en classe en même temps que le français. De même et de façon générale, la parole est ici au centre de tout. Dans la culture kanak tout passe par l'oral (tradition, récit, coutume). Aussi, vous entendrez très souvent la devise du pays qui résume si bien cet aspect essentiel de la culture kanak : « Calédonie : terre de parole, terre de partage ».

Tata !

14 avril 2015

"Le paradis est ici"


Ca y est c'est officiel, depuis quelques jours, je suis devenue une broussarde à temps complet. A moi les grandes forêts de Niaouli, les cerfs et autres vues imprenables sur le lagon et les montagnes!

Seulement voilà, je ne me vois pas quitter NOUMEA, sans lui rendre hommage et vous faire part de mes impressions concernant cette ville qui m'a accueillie pendant plus de 7 mois. D'autant plus, que disons le sans détour, NOUMEA est une ville déroutante et surprenante faite de paradoxes et de brasages aussi bien culturels, que générationnels ou encore traditionnels. NOUMEA c'est le grand écart entre des mondes différents et pourtant parfois séparés par une simple rue.



NOUMEA est tout d'abord le Haut lieu de rassemblement des métropolitains venus se poser sur le cailloux et profiter des cocotiers et plages de sable fin (plus rares que ce qu'on pourrait penser). C'est donc la ville du pays la plus proche du mode de vie "à la française", le soleil et la douceur de vivre en plus, tout de même




                                                                                                          






























A NOUMEA, il y a donc les Baies : Baie des Citrons, Baie de l'orphelinat ou encore Anse Vata. Les plages y sont magnifiques, les commerces de standing et autres marchands de glace, nombreux. Il y a souvent un fond de musique, des gamins qui jouent dans les vagues et les voileux au loin à l'horizon flirtant avec deux îlots bien connus et appréciés des nouméens : L'île aux Canards et l'îlot Maître. Le soir, les baies sont le point de rassemblement de beaucoup pour passer de bonnes soirées en famille ou faire la fête entre amis.


 


Mais NOUMEA c'est aussi le cœur économique du Cailloux et l'endroit où beaucoup de gens du pays descendent pour trouver du travail, faire affaires ou encore tirer profit de la principale richesse "exportable" du pays: le Nickel

NOUMEA, c'est donc également cette grande dame de fer, usée et menaçante qu'on appelle la SLN. Elle crache de manière quotidienne sa fumée noirâtre et appelle de manière incessante ses hommes pour la nourrir du nickel extrait des mines plus haut dans le pays. Des camions s'activent ainsi toute la journée auprès d'elle pour la satisfaire et la remplir, dans le vacarme quotidien et la poussière sans jamais toutefois sembler la rassasier.



NOUMEA c'est aussi les squates. Même si de prime abord, ces cabanes en bois de récup' et toles ondulées, sans eau ni électricité n'invitent pas à s'y arrêter, on y trouve souvent beaucoup de vie. La misère y frappe de plein fouet mais paradoxalement, il y a parfois plus de rire d'enfant et de bonheur simple à partager que dans d'autres quartiers plus cossus de la ville...

Surtout et enfin, NOUMEA ce n'est pas un visage, mais plutôt une multitude de visages. En effet, métropolitains, kanak, caldoches, wallisiens, vanuatais ou encore javanais, tous s'y rencontrent, s'y côtoient et le plus souvent s'y mélangent. Chaque culture apporte ses traditions et croyances et la ville est rythmée par les fêtes et autres célébrations des uns et des autres sur la Place des Cocotiers. On apprend de chacun, de sa différence, de sa richesse... Bien évidemment et comme dans toutes les grandes villes des fois ça s'échauffe, ça râle et parfois ça s'emporte.... J'espère juste que NOUMEA saura à terme montrer l'exemple du "Vivre ensemble" et s'enrichir de cette diversité qui la qualifie si parfaitement....