15 mai 2015

Quelques mots et expressions du Cailloux....





Comme dans tous les pays où l'on voyage, la Calédonie a ses richesses culturelles, culinaires, géographiques mais également linguistiques ! Alors oui la langue et l'administration sont françaises. Toutefois, il bon de savoir qu'on ne parle pas tout à fait ici comme en métropole. Petit tour des expressions les plus courantes sur le cailloux....

"Il est bon ?"
A dire en guise de bienvenue. Pourrait se traduire par "bonjour, ça va?"

« Ahoua » ou « awa »
Linguistiquement parlant « Ahoua » veut dire « ah non ». Aujourd'hui  on l'utilise surtout pour marquer l'étonnement. Pourrait se traduire par « non pas possible, tu déconne, je ne te crois pas, vraiment ? T'es sûr ? »
Exemple : Si Dou vous dit « Tu es en retard, ça fait une heure que je t'attends !! », vous pouvez lui répondre « Ahoua, désolé....  ».

« Ahou » ou « awou »
Cette expression vient illustrer l'admiration ou encore la compassion.
Exemple : « Ahou elles sont belles des mangues » ou encore « Awou chérie laisse je vais faire le ménage, tu as l'air fatiguée » (beaucoup plus rarement utiliser en ce sens).

« Barrer »
 Je vous arrête de suite, non les calédoniens ne rayent pas tout ce qu'ils trouvent et non ce ne sont pas des fétichistes des barrières. Ici le mot « barrer » veut dire partir.
Exemple : « Avant j'étais à NOUMEA mais j'ai barré en brousse pour être au calme ».

« L'enculé » 
Non non non, je ne deviens pas vulgaire, rassurez vous. Ici « l'enculé » est très certainement le mot le plus dit du pays. Il est utilisé affectueusement ou en guise de ponctuation. Parfois, sans que vous ayez été mise au courant, un concours se fait pendant la discussion. Le but du jeu ?  Dire le plus de fois possible « l'enculé » dans un nombre restreint de phrases.
Exemple : « L'enculé, j'ai été voir son nouveau bateau. Bah l'enculé il est propre, tu verrais ça l'enculé » et l'autre de répondre « non mais attend l'enculé, je l'ai vu, même que je lui ai dit, l'enculé, il est beau ton bateau! ».

« L'ôngin »
S'écrit en réalité « l'engin ». A utiliser comme superlatif pour parler de quelque chose d’impressionnant. 
Exemple : « l'ôngin il est beau ton bateau ! ».

« Valab' » ou « Choc » ou « Net »
Ces différents mots se disent de quelque chose de bien, de bon, ou d'agréable.
Exemple : « La calédonie c'est Choc ! » 

« Fin »
S'utilise régulièrement et pourrait se traduire par « super », « carrément », « vraiment ».
Exemple : « c'est fin valab' ton carry de poisson ».

« Un coup de... »
Ici on ne fait pas simplement quelque chose, à chaque fois, on en fait un coup.
Exemple : « Je vais faire un coup de chasse au Cerf ce soir " (au passage, attention à bien prononcer le « f » de cerf ) ou encore « j'ai fait un coup de fête hier, j'étais fin saoul ».

« Casse pas la tête »
En bref, pas de stress, il faut rester tranquille
Exemple : « Mais casse pas la tête chérie, je la ferai demain la vaisselle ».

« Hé » et « Tcha »
Le « » s'utilise pour marquer la surprise. Il est court et concis et vient de la gorge, comme-ci on venait de vous couper la parole. Quant au « Tcha », il est plus long et vient du ventre. Il signifie l'énervement, l'agacement.
Exemple : Quand vous oubliez que votre chalet marche aux panneaux solaires et qu'à cause de vous le soir, il n'y a plus de lumière parce que les batteries sont vides. Dans ce cas, Dou peut avoir tout d'abord un « » de surprise en se retrouvant dans le noir, qui sera suivi par un « tcha » de très fort agacement quand il comprendra que c'est à cause de vous s'il va devoir finir sa douche dans le noir.
(Dans ce cas, vous pouvez toujours murmurer un « awoua, je ferai mieux de barrer ailleurs moi ce soir » qui sera de circonstance).

« Bourrer » 
Vous l'entendrez régulièrement, surtout en brousse. « Bourrer » ou « se faire bourrer » signifie plus particulièrement se faire avoir. C'est également dans certains cas une insulte affectueuse qui vous signifie simplement d'aller vous faire voir !
Exemple : Au cours d'une discussion entre Dou et ses copains : « Mais bourre-le ! »

« Taper la pine »
Dans la même idée. Se dit généralement de quelqu'un qui ne fait rien.
Exemple : « Dou maintenant tu arrête de taper la pine et tu viens la faire cette vaisselle ! »
Dans la même idée on a aussi « la pine » ou encore « tête de pine ».

« Pinailler »
Se dit quand quelqu'un râle, est à la traîne, n'est visiblement pas motivé ou hésite !
Exemple : quand le réveil sonne à 5h du mat ' pour aller plonger et que vous traînez un peu, Dou peut vous dire : « Arrête de pinailler et monte dans la voiture maintenant ! ».

« Yossi »
Se traduit par « zut », « merde », marque également la surprise, l'énervement ou la fatigue.
Exemple : « Yossi pourquoi t'as mis le réveil si tôt ? Je suis sûre que les poissons dorment encore à cette heure là ! ».

« Tata » ou « tal' toul »
Enfin, vous ne pourrez pas partir d'un endroit sans dire « tata » qui n'est ni plus ni moins que le « au revoir » d'ici. 
A noter que « Tal'toul' », se dit généralement quand vous avez l'idée de revenir prochainement.

J'espère que vous avez bien tout retenu car ces mots vous aiderons beaucoup quand vous débarquerez sur le cailloux. 

Si jamais vu voulez vous exercer voici une petite parodie 100% discours local.




Plus sérieusement, la richesse linguistique de la Calédonie ne s'arrête évidemment pas là. Il est par exemple, important de savoir qu'il y a différentes langues kanaks sur le territoire. Il y a par exemple le drehu, le nengone, le fwâi, le nemi ou enocre le Xârâguré. Ces langues sont surtout parlées en tribu et les élèves ici continuent à les apprendre en classe en même temps que le français. De même et de façon générale, la parole est ici au centre de tout. Dans la culture kanak tout passe par l'oral (tradition, récit, coutume). Aussi, vous entendrez très souvent la devise du pays qui résume si bien cet aspect essentiel de la culture kanak : « Calédonie : terre de parole, terre de partage ».

Tata !

14 avril 2015

"Le paradis est ici"


Ca y est c'est officiel, depuis quelques jours, je suis devenue une broussarde à temps complet. A moi les grandes forêts de Niaouli, les cerfs et autres vues imprenables sur le lagon et les montagnes!

Seulement voilà, je ne me vois pas quitter NOUMEA, sans lui rendre hommage et vous faire part de mes impressions concernant cette ville qui m'a accueillie pendant plus de 7 mois. D'autant plus, que disons le sans détour, NOUMEA est une ville déroutante et surprenante faite de paradoxes et de brasages aussi bien culturels, que générationnels ou encore traditionnels. NOUMEA c'est le grand écart entre des mondes différents et pourtant parfois séparés par une simple rue.



NOUMEA est tout d'abord le Haut lieu de rassemblement des métropolitains venus se poser sur le cailloux et profiter des cocotiers et plages de sable fin (plus rares que ce qu'on pourrait penser). C'est donc la ville du pays la plus proche du mode de vie "à la française", le soleil et la douceur de vivre en plus, tout de même




                                                                                                          






























A NOUMEA, il y a donc les Baies : Baie des Citrons, Baie de l'orphelinat ou encore Anse Vata. Les plages y sont magnifiques, les commerces de standing et autres marchands de glace, nombreux. Il y a souvent un fond de musique, des gamins qui jouent dans les vagues et les voileux au loin à l'horizon flirtant avec deux îlots bien connus et appréciés des nouméens : L'île aux Canards et l'îlot Maître. Le soir, les baies sont le point de rassemblement de beaucoup pour passer de bonnes soirées en famille ou faire la fête entre amis.


 


Mais NOUMEA c'est aussi le cœur économique du Cailloux et l'endroit où beaucoup de gens du pays descendent pour trouver du travail, faire affaires ou encore tirer profit de la principale richesse "exportable" du pays: le Nickel

NOUMEA, c'est donc également cette grande dame de fer, usée et menaçante qu'on appelle la SLN. Elle crache de manière quotidienne sa fumée noirâtre et appelle de manière incessante ses hommes pour la nourrir du nickel extrait des mines plus haut dans le pays. Des camions s'activent ainsi toute la journée auprès d'elle pour la satisfaire et la remplir, dans le vacarme quotidien et la poussière sans jamais toutefois sembler la rassasier.



NOUMEA c'est aussi les squates. Même si de prime abord, ces cabanes en bois de récup' et toles ondulées, sans eau ni électricité n'invitent pas à s'y arrêter, on y trouve souvent beaucoup de vie. La misère y frappe de plein fouet mais paradoxalement, il y a parfois plus de rire d'enfant et de bonheur simple à partager que dans d'autres quartiers plus cossus de la ville...

Surtout et enfin, NOUMEA ce n'est pas un visage, mais plutôt une multitude de visages. En effet, métropolitains, kanak, caldoches, wallisiens, vanuatais ou encore javanais, tous s'y rencontrent, s'y côtoient et le plus souvent s'y mélangent. Chaque culture apporte ses traditions et croyances et la ville est rythmée par les fêtes et autres célébrations des uns et des autres sur la Place des Cocotiers. On apprend de chacun, de sa différence, de sa richesse... Bien évidemment et comme dans toutes les grandes villes des fois ça s'échauffe, ça râle et parfois ça s'emporte.... J'espère juste que NOUMEA saura à terme montrer l'exemple du "Vivre ensemble" et s'enrichir de cette diversité qui la qualifie si parfaitement....




                       




                                                  



                                       










17 février 2015

Broussard?? Vous avez dit Broussard??






Il y a des week-ends où l'on a pas forcément envie de bouger loin, de faire beaucoup de kilomètres ou encore de prévoir un programme. Non, il y a certains week-ends où on a juste envie de se reposer, de profiter du soleil et des amis sans prévoir quelque chose à l'avance. Ces week-ends là, je les adore, et j'ai bien envie de vous les faire partager.

Alors pour commencer et vous aidez à vous mettre dans l'ambiance, laissez moi vous planter le décor. La scène se passe dans un charmant petit chalet perdu en haut d'une colline du côté de MOINDOU. Oh bien sûr il n'est pas très grand mais avec tout le confort nécessaire et surtout un salon de 200 hectares avec vue imprenable sur les forêts de Niaoulis.... Ca y est vous y êtes ?? Ok je vous aide un peu....


Pour l'atteindre ce fameux chalet (et oui il se mérite) il faut que vous ayez bossé toute une semaine en ville entre les bruits de voiture, le monde qui court partout et le timing à toujours respecter. Il faut que vous ayez prit avec vos amis, un des cars qui montent dans le Nord et qui filent à toute allure à travers la brousse calédonienne (Attention aux rond-points récalcitrants et autres voitures qui freinent devant lui car rien ne l'arrête, au risque parfois de vous donner des sueurs froides malgré la clim réglée à fond).

Une fois déposés à LA FOA, notre Dou international vous attend au seul et très réputé resto/bar du coin. C'est le BANU. Tout le monde s'y retrouve. Aussi bien les gars qui descendent des mines du Nord, que des citadins venus se mettre au vert, que les gens du coin qui ont finit leur semaine et décompressent avec les copains. C'est dans ce beau métissage et toutes ces casquettes au plafond que vous buvez une bière bien fraîche et surtout bien méritée.



Après ce petit moment de détente venant célébrer comme il se doit l'ouverture d'un week-end qui s'annonce sous les meilleurs auspices, vous montez avec Dou et vos amis dans la « KangooBrouss » direction MOINDOU et son havre de paix ! Une fois arrivé au chalet, vous laissez Dou aux commandes de la cuisine. La récolte des crevettes a commencé et il en a ramené tout un pochon pour le week-end ( pochon= sac plastique ici). Du coup, culinairement parlant ces deux jours auront pour thème « déclinaison autour de la crevette » : Salade fraîche de crevette, poêlée de crevettes au chorizo sur lit de Feta ( une tuerie!).... Pour ce soir là, ça sera crevettes au lait de coco et ananas. Je vous laisse saliver....

Le lendemain, vous vous réveillez aux aurores pour aller plonger. Il n'est pas encore 7h mais la température est déjà bien élevée. Une fois Milo attelé et les palmes chargées, direction la cale de mise à l'eau.

Là vous chassez ou barbotez ( au choix) pendant plus de trois heures sans vraiment voir le temps passer. Au programme : coraux magnifiques, loche énorme, banc de carangue, perroquets à bosse ou encore requin . ( Et si vous voyez pas de quoi je parle, z'avez qu'à aller voir mon précédent article !!!).






Vous terminez votre sortie en mer par un petit tour prêt d'une épave. Il s'agit de l'Ever Prosperity … enfin l'un des Ever Prosperity. Oui parce qu'il y a eu deux bateaux, identiques, venant du même port et avec aux manœuvre le même capitaine !!! Tous deux se sont échoués sur la barrière de corail, à cinq ans d'intervalle. Cet Ever Prosperity là repose sur la barrière de corail depuis 1970. Il n'en reste plus grand chose. N'empêche il se dégage de cet amas de ferraille surgissant des eaux, une drôle d'impression.....











Sur le chemin du retour, une petite pause déjeuner s'impose au bord d'une rivière et donc d'un peu de fraîcheur ( oui parce que pendant que vous étiez dans l'eau en train de vous extasiez devant une raie pastenague, le soleil lui a continué son job et ne s'arrête plus de chauffer).









 De retour au chalet, une sieste s'impose... mais pas longtemps, car vous décidez d'aller un peu plus au Nord, du côté de BOURAIL. Il y a là bas, une ballade à faire qu'on appelle « La route des trois baies » car elle surplombe comme son nom l'indique trois baies qui se suivent et sont toutes les trois magnifiques : Il y a d'abord la baie de la Roche percée, puis la Baie des tortues et enfin la baie des amoureux un peu plus en retrait et moins facile d’accès. Le décor cette fois-ci fait davantage penser à la Bretagne ou au pays basque. Pas beaucoup de sable fin là bas mais davantage de la roche et beaucoup de verdures, notamment des pins colonaires qui se dressent majestueusement devant vous. C'est également sur ces baies que les tortues viennent pondre en plein nuit.


                                                                   
                                       
                                          
                 



                                 




Le lendemain matin vous avez le choix entre replonger ou aller visiter une caférie. Il faut savoir que la Calédonie est idéale pour les plantations de café mais que cela demande beaucoup de travail. En effet le climat peut parfois faire des dégâts sur les plans de café et les maladies sont difficiles à éradiquer. Dans la plantation que vous visitez, vous trouvez des plans de café grand cru qui poussent : Bourbon jaune et Bourbon Royal ( 150 euros le kilos en métropole, quand même !!!!). Celui qui vous fait visiter sa plantation, Jean-Paul BELHOMME est un véritable passionné. Après avoir entendu votre coup de klaxon (comme indiqué sur le panneau de l'entrée) il rapplique quinze minutes après (toujours comme indiqué sur le panneau de l'entrée). Il est heureux de vous expliquer comment pousse le café.



 Il faut donc beaucoup de patience avant de voir pousser les graines de café, qu'on appelle cerises et qui sont d'ailleurs rouges quand elles arrivent à maturation. La récolte se fait à la main et les grains doivent ensuite tremper dans l'eau pure puis sécher plusieurs mois au soleil avant d'être torréfiés...






















Après cette visite et cette rencontre tout à fait sympathique, vous retrouvez les plongeurs acharnés.





Vous retournez tous au chalet pour un dernier repas de crevettes et une après-midi détente et farniente avant de redescendre vers la capitale, ses bruits de voiture, son monde qui court partout et son timing à respecter.....





(Un grand merci à Gaelle ROUSSEL pour sa contribution photographique!!!!!)